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Les collectivités : pierre angulaires de la transition énergétique : à quelles conditions ?

La PP3 confirme les ambitions de la France en matière de transition énergétique. Elle confirme aussi le rôle déterminant dévolu aux Collectivités Territoriales : planifier les trajectoires locales, porter des investissements structurants, arbitrer entre solutions technologiques, garantir l’acceptabilité sociale des choix énergétiques… Les collectivités s’affirment comme les chefs d’orchestre de ces transformations majeures.
On peut se réjouir de ce mouvement de décentralisation qui devrait permettre une meilleure adaptation aux réalités locales. 
Mais ce renouveau de l’action locale soulève deux questions clés quant à ses conditions de réussite :  comment les collectivités territoriales vont-elles pouvoir assumer cette multiplication des rôles et responsabilités dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, de tensions sur les compétences et de complexification rapide des systèmes énergétiques et comment, parallèlement va-t-on garantir la cohérence de l’ensemble ?

Les collectivités doivent faire face à un changement structurel de leur rôle dans la politique énergétique. Historiquement propriétaires des réseaux de distribution d’électricité et de gaz, elles ont exercé principalement des fonctions d’autorité concédante et de contrôle. Dès aujourd’hui, leurs missions s’étendent bien au-delà : développement des énergies renouvelables, réseaux de chaleur, infrastructures de mobilité, actions de sobriété, accompagnement des acteurs économiques, coordination de multiples parties prenantes. Surtout, la transition énergétique fait basculer l’action publique locale d’une logique sectorielle vers une approche systémique, où les interactions entre électricité, gaz, chaleur, biomasse, hydrogène et mobilité doivent concourir à un optimum énergétique, écologique et économique.


Cette évolution crée de nouvelles fragilités. Les investissements requis sont lourds et s’inscrivent sur des horizons de plusieurs décennies, alors même que les financements restent fragmentés et instables. L’ingénierie stratégique locale est sous tension, concurrencée par le secteur privé sur des compétences clés. La gouvernance, enfin, se complexifie : hétérogénéité des territoires, renouvellement rapide des exécutifs locaux, risque de décisions opportunistes prises sous contrainte politique ou temporelle. Le risque n’est pas tant l’inaction que la dispersion : une juxtaposition de choix locaux cohérents pris isolément, mais insuffisamment articulés aux différentes échelles.


La réussite de l’action publique locale nécessite un changement de vision et de méthode. La transition énergétique ne peut plus être conduite projet par projet, technologie par technologie. Elle exige un raisonnement en trajectoires énergétiques territoriales, capable d’articuler les différents vecteurs, d’anticiper les interactions entre réseaux et d’intégrer les enjeux de flexibilité, de sobriété et de résilience. Ce saut stratégique et politique doit être soutenu par une organisation, des processus et des outils adaptés : accès aux données, raisonnement sur scénarios comparables, capacités de simulation. Les démarches de type « jumeaux numériques » territoriaux cessent d’être des objets prospectifs : elles deviennent un socle nécessaire pour objectiver les arbitrages, éclairer la décision politique et fournir les éléments d’un discours commun garant d’une cohérence d’ensemble.


Dans cette transformation, les syndicats d’énergie occupent une place centrale. Par leur périmètre intercommunal, leur continuité au-delà des cycles électoraux, leur expertise technique et économique, ils constituent des pivots naturels de la transition territoriale. Leur rôle évolue rapidement : de gestionnaires de réseaux à plateformes d’ingénierie, de maîtres d’ouvrage à orchestrateurs et tiers de confiance. Les syndicats assoient peu à peu leur légitimité. Il reste encore du chemin à parcourir : clarification institutionnelle, gouvernance d’ensemble incluant les interfaces territoriales, sécurisation des compétences, accès aux données, cadres financiers et réglementaires stables.


Une fois posée, cette gouvernance d’ensemble, plaçant le syndicat au centre de son écosystème, et reposant sur des outils opérationnels communs, sera la garantie de la réussite non seulement technique, mais aussi citoyenne de la transition locale : à mesure que les décisions énergétiques engagent les territoires sur plusieurs décennies, la capacité à expliciter les arbitrages, à en rendre visibles les coûts, les bénéfices et les renoncements devient essentielle. La légitimité et donc la poursuite de la transition énergétique repose sur cette capacité de transparence et de pédagogie.

La territorialisation de la transition énergétique est désormais actée. La question est désormais de savoir comment permettre aux territoires d’assumer leurs nouvelles responsabilités sans renoncements ni perte de cohérence. Adopter une vision systémique, clarifier les rôles, adapter la méthode, outiller les syndicats d’énergie : ce sont les conditions de réussite de la décentralisation des décisions de politique énergétique, tant en termes de recherche de l’optimum à toutes les échelles qu’en termes de légitimité démocratique. 

Présentation de l’atelier

Fichtner Management Consulting, cabinet de conseil franco-allemand, spécialisé sur les sujets de transition énergétique propose un atelier dans lequel nous présenterons un retour d’expérience de nos jumeaux numériques territoriaux conçus et déployés par nos collègues allemands : depuis la conception, co-construite avec les territoires, jusqu’au déploiement opérationnel : quels sont les pré-requis ? comment faire en sorte de déployer ces outils pour une efficacité maximale ? comment en tirer le meilleur parti ? quels écueils à éviter ?